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Qualifications et exigences requises pour les passages de grades

Les barrières entre les différents grades d’iaido ont toujours été relativement difficiles à cerner. Hors selon moi, avoir un objectif précis à atteindre permet de se focaliser sur certains points importants et se remettre en question plus facilement.
Je vais donc essayer de scinder le plus précisément possible les différents grades en fonction des exigences nécessaires. Cet article n’a évidemment rien d’officiel et est seulement basé sur des années d’observations ainsi que les explications données par différents sensei tels que Kishimoto, Kobayashi, Furuichi, Katsumata et Ogura Sensei.
Les passages de grades du 6ème au 2ème kyu se déroulant au sein de notre dojo, nous avons établi une liste de qualifications en accord avec notre perception de l’iai. Ces critères ne sont pas spécialement applicables dans d’autres dojos.

De 6ème à 1er kyu: « initiation à la voie du sabre »

6ème Kyu:
– Différencier des mouvements tels que nukitsuke, furikabute, kiritsuke,chiburi et nototsuke
– Effectuer des déplacements et des techniques en gardant les pieds parallèles

5ème Kyu:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Connaitre le scénario des katas ZNKR 1 – 2 – 6
– utiliser sa main gauche correctement lors des coupes à deux mains.

4ème Kyu:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Connaitre le scénario des katas ZNKR 3 – 4 – 5 – 7
– Effectuer un salut correct

3ème Kyu:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Connaitre le scénario des katas ZNKR 8-9-10-11-12
– Avoir compris le concept du Te no uchi

2ème Kyu:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Exécuter les 12 katas ZNKR en respectant les angles et les hauteurs de coupes.

1er Kyu
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Effectuer de grandes techniques ( mouvements amples)

1er à 3ème Dan: « Apprendre à donner la mort »

1er Dan:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
-montrer un reiho correct ( posture, salut, attitude)
– exécuter les postures correctes ( pas d’erreur dans les gardes ainsi que dans
les trajectoires et hauteurs de coupes)
– exécuter un nukitsuke précis
– exécuter une coupe « rapide »
– exécuter un chiburi correct
– exécuter de grandes techniques

2ème Dan:
– ajouter une certaine  » puissance » et fluidité aux qualifications requises au 1er Dan

3ème Dan:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– montrer une maîtrise technique parfaite des 12 kata.
– avoir une idée relativement précise de la position (distance) de l’adversaire

4ème et 5ème Dan: « Apprendre à préserver la vie »

4ème Dan:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– être capable de montrer une extension de son âme dans les mouvements du sabre
– être capable de montrer un calme et une détermination sans équivoque
– exécuter une unité harmonieuse du KI KEN TAI
– exécuter une jo-ha-kyu correct ( augmentation du rythme)
– Le metsuke doit être correct

5ème Dan:
Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– exécuter des mouvements fluides et contrôlés
– maîtriser simultanément kokoro et waza ( esprit/coeur/âme/technique)
– exécuter une respiration correcte

6ème Dan et +: « Atteindre le rang de Maître »

Satisfaire à toutes les exigences précédentes ainsi que :
– Exécuter les techniques avec un sabre tranchant
– Exécuter un kata vivant

L’iai vu par Ogura Sensei

« Le Iaido que vous pratiquez de votre mieux avec beaucoup d’enthousiasme est un art martial qui existe depuis à peu près 500 ans.
C’est un art qui a été fabriqué, dans le but de faire tomber son adversaire.
Il y a différents mots qui ont servi à définir cet art, comme le Batto Jutsu et le Iai Jutsu.
Donc, l’évolution historique de ce Jutsu s’est transformé en Michi, le DO, « la voie ».
L’évolution de cet art martial s’est faite à partir de la base qui consistait à renverser ou détruire l’adversaire.
Et la transformation en voie du Iaido, finalement s’est transformé en un art pour soi-même, soi-même évoluer et travailler son cœur.
C’est aussi, considérer son partenaire comme un partenaire, mais plus comme un adversaire à tuer.

L’un des buts principaux, c’est de travailler son propre CŒUR et son ESPRIT.
Dans la longue histoire de l’évolution du Iaido, ce qui compte aujourd’hui n’est plus la compétition en tant que telle, le fait de gagner, le passage de grade ; ce n’est pas ça l’essence.
Le fait d’évoluer et de faire des compétitions en tant que tel pour monter en grade, c’est une évolution d’un processus, ce n’est pas un but en soi.
Ce qu’il faut, c’est avoir du plaisir dans ce processus, il fait évoluer en grade.
Le but n’est pas de dire : « Voilà ça y est, j’ai passé mon grade, j’y suis arrivé. » C’est juste un moyen, mais ce n’est pas la finalité.

Le but c’est de s’impliquer de façon fondamentale et profonde pour évoluer dans son art.
En pratiquant l’art martial, le Iaido de façon vraie et fondamentale, quand on avance, et on ne dit plus de mal des autres, on ne se vante plus « moi je, moi je… ». Tout ça disparaît et on arrive par avoir un Cœur vrai.

Le fait de faire des exercices de façon assidue, cela permet de travailler son Cœur, en apprenant de façon vraie, lesWaza permettent de travailler son Cœur.
Grâce à ce processus vous devenez des Êtres de Bien avec un grand « B » ; c’est-à-dire : vrai et juste.
Si vous n’arrivez pas à avoir le Cœur vrai, pur, vous ne pouvez pas faire correctement les Waza, ce n’est pas possible.
Il y a une façon d’enseigner. Un dicton des temps anciens dit que la façon d’utiliser le sabre est pure, si le Cœur est pur.
C’est la conséquence de l’état du cœur qui se reflète sur le sabre, c’est ça le Cœur de l’Esprit du Iaido.

Le sabre que vous utilisez, la personne qui l’a fabriqué, elle l’a fait avec tout son Cœur, avec toute sa personne. Donc, le sabre a une valeur.

Je voudrais vous raconter une histoire célèbre à l’époque SenKuDai, époque des guerres au Japon.
C’était un sabre tellement exceptionnel que maintenant, il est considéré comme « Trésor National ».
On n’exagère pas quand on dit que le sabre a été fabriqué avec le cœur de la personne.
Masamuné était quelqu’un de très connu au Japon dans le monde des arts martiaux.
Il avait 2 disciples très très bons qui sortaient du lot. Ces 2 disciples s’appelaient Muramasa et l’autre Sadamuré, c’étaient 2 disciples exceptionnels.
Un jour, Masamuné a proposé à ces 2 disciples de s’affronter pour gagner sa fille, donc la fille était l’enjeu de l’affrontement.
L’idée était que l’un des 2 disciples se marie avec sa fille pour prolonger la lignée de la famille.
Donc, les 2 disciples ont dû fabriquer un katana. Une fois finis, les katana ont été plantés dans une rivière qui passait à proximité de la maison du maître.
Puis, en amont de la paille a été jetée dans la rivière.
En descendant l’une des pailles a rencontré le sabre de Muramasa, et la paille a été coupée délicatement.
Par contre, au moment où la paille a rencontré le sabre de Sadamuré, elle s’est accrochée au sabre ; la paille n’a pas été coupée.
Le maître Masamuné a retiré le sabre de Sadamuré de la rivière, alors la paille a été coupée.
Donc, Sadamuré a dit « j’ai gagné la compétition » ; il pouvait se marier avec la fille. Il espérait continuer la lignée de la famille Masumuné.

Question de Ogura Sensei
Vous pensez que le maître a choisi lequel des 2 disciples ?
Le sabre qui a coupé la paille ?
Ou le sabre qui a coupé la paille en sortant la lame de l’eau ?
– Ceux qui pensent que c’est Muramasa, dont le sabre a coupé la paille correctement, levez la main ?
– Ceux qui pensent que c’est le sabre qui a coupé la paille en le sortant de la rivière, levez la main ?
C’est Sadamuré qui a remporté la main de la fille de Masamuné,
Donc, la différence c’est le Cœur, c’est-à-dire le premier avec la lame qui a coupé la paille. Mais pour le deuxième, ce n’est pas seulement que la lame, mais la façon de l’utiliser qui comptait. Ce n’est pas l’objet, mais la façon de l’utiliser, et c’est le Cœur qui est important.
Ce qui est le plus important pour un Samouraï, ce n’était pas d’avoir un sabre qui coupait correctement, c’est plutôt d’avoir un sabre que l’on va utiliser. C’est pour cela que l’esprit de la personne qui a fabriqué le sabre est très important.
Déjà à l’époque des guerres au Japon, le Cœur était important.

Vous me comprenez, mais vous savez déjà, je voudrais répéter ce qui est important pour le Iaido, c’est le Kokoro, leCœur.
Donc, ce qui est important, ce n’est pas de se combattre, de battre, mais c’est le fait de le faire de façon pacifique, c’est la paix qui ressort de la pratique.

Un des rêves, un des objectifs fondamentaux de l’art martial, c’est que tous les pratiquants d’art martiaux du monde s’entendent bien, qu’ils soient unis d’un même Cœur.
Il ne faut pas de distension entre les pratiquants, tout cela est pour contribuer à la paix dans le genre humain.
Il faut faire en sorte d’avoir le Cœur et le Corps qui soient ensemble, de façon à s’unir.
Ce qui est important dans la pratique des techniques, c’est surtout l’éducation du Cœur.
Donc, le but de la pratique du Iaido, c’est de viser à la perfection, aux progrès de l’être humain, de son caractère.
Ce qui est important pour les Samouraï contemporains d’aujourd’hui, ce n’est pas d’être bon, ou mauvais, au Iaido. C’est de savoir, si l’on a un Cœur bien au fond, un Cœur idéal, adapté.

Donc, vous avez déjà fait tous de votre mieux jusqu’à maintenant.
Mais, ce que je voudrais que vous cherchiez ; il faut pratiquer votre art martial en cherchant la direction du Cœur pour la pratique de l’art martial.
Donc, je voudrais que vous continuiez à éduquer votre Esprit et à le faire grandir dans la pratique.

Nous-mêmes Japonais, nous avons réussi à avoir des Dan.
Mais, nous avons aussi une longue pratique, depuis très longtemps, de façon intensive.
Et malgré tout, ce n’est pas fini.
Ce qui veut dire, que ceux qui pratiquent depuis longtemps, n’y sont pas encore arrivés, vous qui pratiquez dans la même direction, pour devenir des Samouraï véritables.
Donc, je voudrais que vous me permettiez de vous aider, de mon mieux, pour vous aider à avancer.

Bon courage.  »

 

 

Les concepts philosophiques de l’iaido

Les éléments suivants vous présentent une partie des valeurs et des concepts véhiculés par l’iaido. Ils sont développés au cours des entraînements et ne peuvent être convenablement compris que de cette manière.

DAI KYO SOKU KEI : Grand, fort, rapide,régulier :

– Ce sont les quatre caractéristiques générales les plus importantes dans la technique du sabre long : Exprimées dans l’ordre, elles seront mises en relief auprès des débutants. Tout d’abord, l’accent est mis sur de grandes actions, ensuite lorsqu’elles sont grandes, elles peuvent devenir fortes. Une fois que la sensation de force interne s’est développée, la vitesse peut-être graduellement augmentée sans précipitation et sans hâte. Puis, une fois que les techniques sont grandes, fortes et rapides, elles peuvent être rassemblées dans une méthode continue et régulière, séparées seulement par un Kime correct.

ENZA NO METSUKE :

– Contemplation des montagnes lointaines. Cela veut dire diriger le regard à une certaine distance, sans fixer aveuglement, mais plutôt en regardant toutes les choses également. Il n’est pas nécessaire de regarder chaque petit détail de l’ennemi, aux dépens de l’ignorance d’autres menaces. Il est seulement nécessaire de percevoir sa distance et sa vitesse d’exécution. L’ennemi devant nous sera au centre de notre champs de vision, mais ne sera pas le point visuel convergent. Ce qui explique les paroles de Musashi:  » la perception est forte et la vue est faible. ». C’est une partie de Fudoshin.

FUDOSHIN :

– Ce terme peut-être traduit diversement comme, esprit sans entrave, esprit non arrêt. Il a été mieux décrit par des maîtres éclairés tel que Yagyu Munenori et des maîtres Zen tel que Takuan Soho. Il se réfère aussi avec Shi Shin. Cet état a un rapport quand l’esprit est libre de percevoir toutes choses, quand il n’est pas entravé en étant retenu par des pensées conscientes (Fushin).

FUKAKU :

– C’est une particularité du caractère/de l’attitude du budoka expérimenté. Elle se développe au cours des années d’entraînements rigoureux. Elle est impossible à décrire, mais avec l’expérience, elle devient reconnaissable chez les autres.

FUSHIN :

– L’esprit arrêté. Quand il est entravé par la peur, le doute ou, distrait par des réflexions logiques et conceptuelles (intellectualisation), l’esprit n’est pas libre de répondre aux circonstances.

JO HA KYU :

– Ce terme dérive de la forme dramatique du théâtre Nô. Il décrit les actions en totalité et sur une échelle de minutes. Il se traduit comme la préparation, le développement, et la conclusion.

Sa signification est dans le temps d’exécution, une accélération graduelle avec une sensation de pression croissante jusqu’à son maximum quand le mouvement s’arrête. Le déplacement des pieds (Ashi Sabaki) du Nô et du Kendo sont très semblables, comme le sont, à cet égard, les formes dramatiques des pièces de Nô et les Kata de Iaido.

KASSO TEKI :

– Approximativement traduit, cela désigne un adversaire imaginaire. En effet, cela ne se réfère pas seulement à la distance et à la position, mais quels effets produira votre action ; Par ex : après une coupe infaillible, est-ce que l’ennemi va tomber en arrière, s’écrouler sur place, basculer sur un des côtés.

En d’autres termes, toute la logique de votre action est en relation avec la taille, la position et le mouvement de vos adversaires.

KIGURAI :

– Le maintient, le comportement. La supériorité qui vient avec la connaissance de l’utilisation du sabre. Mais ce n’est pas de l’arrogance. C’est la caractéristique qui ferait obstacle, en dernier lieu, à tout agresseur potentiel et audacieux, de porter une attaque.

KI KEN TAI ICHI ( SHIN GI TAI ICHI ) :

– L’esprit, le sabre et le corps ne font qu’un. C’est la coordination de toute la personne du sabreur dans un engagement total. En premier, c’est la chorégraphie de frapper du pied en même temps que la coupe et le souffle. Plus tard ils deviennent inséparables, une seule entité.

KIRYOKU :

– Forte détermination : Quand l’attaque est caractérisée par un Ki ken tai Ichi, un Jo Ha Kyu et un Seme et, si le sabreur démontre un Kigurai et un Fudoshin ; il y aura une telle impression de ne pas pouvoir arrêter cette attaque, que l’ennemie ne pourra pas résister. C’est Kiryoku.

KOI GUCHI NO KIRI GATA :

– Manière de couper la « bouche de carpe ». C’est la technique de déblocage de la Saya ; ce qui veut dire, la vitesse des mains arrivant à la Tsuba et à la Tsuka, la position et la manière de pousser en avant la Tsuba, la vitesse de la prise de la main gauche et de la droite quand on commence à dégainer.

KOKORO :

– Il n’y a pas un mot unique en Français pour ce terme. Il est souvent traduit comme l’esprit, le coeur, et même l’honneur. C’est l’attitude de franchise et d’honnêté qui inculque la confiance et le respect.

RIAI :

– Signification ou, logique. Ce qui veut dire, la compréhension de ce que vous vous destinez à faire. En grande partie, c’est Kasso Tekki, mais cela n’inclut pas seulement l’ennemi à trancher, mais les obstacles à éviter, la position des autres personnes proches qui ne sont pas impliquées, et tous les autres points spécifiques qui sont fixés par la forme.

SATSU JIN KEN / KATSU JIN KEN :

– Quand le sabre est employé sans réflexion, ou sans discipline, sans discernement : Cela est destructeur; En conséquence, nous appelons cela le sabre de prise de vie – Satsu Jin Ken. Quand d’autre part, le caractère développé du sabreur expérimenté le rend capable de traiter pacifiquement les affaires, et sans utiliser sa capacité de résoudre les choses en utilisant la violence, nous appelons cela le sabre du don de la vie – Katsu Jin Ken.

SAYA NO UCHI NO KACHI :

– La victoire dans la Saya. C’est l’ultime objectif du sabreur, obtenir la victoire tandis que le sabre n’est pas dégainé.

SEI TO DO :

– Sang-froid et mouvement. Quelque soit l’activité du corps, la pensée et l’esprit doivent rester calmes, sans montrer vos intensions à l’ennemi.

SEME :

– Poussée, ou plus exactement, pression. La sensation de retenir l’adversaire, ou mieux, de le maintenir à terre. En contrôlant les mouvements du corps et du sabre avec une sensation de repousser et de peser sur l’adversaire qui peux mieux être maîtrisé, et en permettant au sabreur de contrôler la situation à son avantage, tout en réduisant les ouvertures (Suki ) dans lesquelles il pourrait attaquer.

SHU HARI :

– Les trois étapes dans le développement complet du sabreur :

  • Shu : Étape d’apprentissage durant laquelle les élèves suivent en détail les instructions des professeurs sans se poser de question.
  • Ha : Étape pendant laquelle l’élève expérimenté regarde plus loin les enseignements de son Sensei, pour une compréhension plus juste et plus profonde. A ce stade, il est possible d’enseigner à des élèves qui sont encore dans la section Shu.
  • Ri : Étape existant quand la compréhension est suffisante pour pouvoir se trouver seul comme un professeur compétent dans ses propres droits.

Ces trois étapes dont considérablement imbriquées, particulièrement les deux premières.

Dans le système actuel des grades, le Renshi se rapproche de l’étape de transition du Shu au Ha, le Kyoshi du Ha à Ri, et le Hanshi étant Ri.

TACHI KAZE :

– Le vent du sabre :

Le vent du sabre se réfère ici au bruit fait par le sabre lorsqu’il coupe. Quand la coupe est correctement dirigée, le bruit indiquera où se trouve l’adversaire, et ainsi, pour l’adversaire lui-même, le sabre paraîtra silencieux.

TAI CHI TAI BUN :

– Entendre avec votre corps, réfléchir avec votre votre corps ( à l’opposé de vos oreilles et de votre mental ). Ce qui veut dire, se fier aux organes des sens pour percevoir les informations est superficiel, de même que de penser intellectuellement à la technique est sans pertinence. L’étude du sabre devra être sentie et absorbée par tout le corps et, apprise par l’expérience de la pratique et de la vie.

ZANSHIN :

– C’est un autre mot qui ne peut pas être traduit en Français. Il est souvent traduit comme conscience, mais ce n’est pas tout à fait juste. La conscience de ce qui est autour, des menaces potentielles, des dangers potentiels,etc, en sont une partie. Il est plus en rapport avec l’état d’esprit après avoir fait une action. Il est caractérisé par le Kamae, ou le Shisei, le Seme, la projection du KI, et la continuité du souffle (où le Kiai serait approprié ) après la coupe.

Cependant c’est un terme difficile à apprécier. C’est demeurer détaché de la victoire après l’obtention de celle-ci, et en même temps, c’est conserver le même état de préparation après l’achèvement de l’action. Encore que ceci ne soit qu’une partie de la définition de ce mot.

L’iai vu par le Shoshin Kan

Télésambre a choisi notre dojo pour faire découvrir notre discipline au grand public.

Vous découvrirez dans ce reportage notre dojo, nos membres et nos exercices seuls ou avec partenaires.
Frédéric H. y explique également les origines ainsi que les tenants et les aboutissants de l’iai  afin de le rendre compréhensible aux non-initiés.

Cliquez sur le lien ci-dessous ! 😉

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http://www.telesambre.be/charleroi-initiation-a-la-voie-du-sabre_d_11491.html

ORIGINE DES ARTS MARTIAUX

Depuis la nuit des temps, l’Homme n’a eu de cesse d’améliorer ses techniques guerrières. Utilisant son corps dans un premier temps, il inventa rapidement une multitude d’armes et techniques aussi diverses que variées.
Au Japon, environ 200 ans avec J.C., une lutte chinoise fut importée. Elle est à l’origine du Sumo, LA lutte japonaise traditionnelle. Cette lutte sera à la base de nombreuses méthodes de combats développés par les bushi.

sumo

L’ART DE LA GUERRE

L’ensemble des méthodes de combat employées par les guerriers constituaient le bujutsu (les « techniques guerrières »). Il y avait le tir à l’arc, la lance, l’escrime, l’équitation, la natation en armure, l’éventail de guerre, le bâton, le jitte, la chaîne, la stratégie plus quelques autres, et bien entendu les techniques de combat à mains nues tels que le Taijutsu, le Kempo et le Tode (ancêtre du karate).

La classification historique

On peut concevoir la pratique des arts martiaux japonais en quatre divisions selon les périodes historiques.

I. LES KO-BUJUTSU

A partir de l’an 900 de notre ère, on peut appeler les arts martiaux des Ko-bujutsu, bien que nous n’avons pas d’idée spécifique de cette pratique avant l’ère Kamakura. Mot à mot cela signifie « ancien guerre techniques», soit techniques guerrières anciennes.

Les Ko-bujutsu répondent à trois caractéristiques :

• Ils sont conçus pour utilisation sur le champ de bataille

• Ils se pratiquent quasi-toujours avec des armes (mains nues n’étant pas très utiles dans ces conditions)

• Ils sont destinés à une pratique où l’armure est portée couramment par les guerriers.

Le Japon a connu de nombreuses périodes de guerres entre les seigneurs, les provinces et les grandes familles qui détenaient le pouvoir impériale ou shogunal.
Les Bushi devaient alors connaître l’ensemble des armes employées par les guerriers de l’époque, il n’y a pas de spécialisation à proprement parler. Les armures devaient pouvoir arrêter un coup. Tous les Bushi devaient maîtriser un ensemble d’arts divers pour pouvoir être compétant en guerre. Par exemple : comment fortifier une position, comment commander les troupes, comment monter à cheval, donner de fausses informations, etc. Les Ko-Bujutsu comportaient donc des études complètes des systèmes militaires de l’époque.

II. LES KO-BUDO

En 1600, tout le pays est réunifié sous le pouvoir des Tokugawa. Une longue période de paix s’installe sur le pays. Les routes entre les provinces sont plus sûres et se développent, permettant la circulation des marchandises, des hommes, des idées et des techniques.

Mais c’est le rôle du bushi qui évolue considérablement : de guerrier sur un champ de bataille il devient protecteur de son maître et de sa suite. Pour répondre à ce nouveau rôle, il développe des techniques de défense. Parallèlement on encourage les Bushi à pratiquer des arts plus calmes, comme la calligraphie, l’ikebana, la cérémonie du thé, etc. Ces arts permettent de canaliser leurs énergies martiales en un développement plus pacifique et culturel. Les Ko-Budo sont nés dans ce contexte. Le terme « bun bu ichi » (« les arts et le guerrier ne font qu’un ») résume l’esprit de l’époque.

Les Ko-Budo répondent à trois caractéristiques :

• Ils sont conçus plutôt pour une application au sein d’une société civile;

• Les armes servent à renforcer les lois et la justice;

• Les armures lourdes s’allègent voire disparaissent au profit d’armures plus légères et mieux conçues pour les conditions sociales d’alors.

Ces nouveautés induisent le début des spécialisations adaptées à chaque situation. On apprend à juger de l’action en fonction de l’arme que l’on a en main. De nouvelles armes moins meurtrières et de nouvelles disciplines font leur apparition, comme le Jitte-jutsu (matraque), Zue-jutsu (la canne), le Jo-jutsu (bâton). Le sabre, quant à lui, se raccourcit et oscille entre 60 et 75 cm. L’allègement des armures permet une plus grande mobilité mais entraîne aussi une plus grande vulnérabilité. Les cibles potentielles ne sont donc plus uniquement les points faibles de l’armure de guerre.

Avec ces armes, ces situations nouvelles, les besoins techniques augmentent, les pratiques se diversifient et se spécialisent. C’est la naissance des écoles spécialisées dans une arme ou un nombre réduit d’armes particulières.

kyudo

 

III. LES SHIN-BUJUTSU

En 1854 la flotte américaine dirigée par le Commodore Matthew C. Perry force le Japon à ouvrir ses ports au commerce mondial. Cette modernisation du pays à cadence forcée doit permettre au Japon de rattraper son retard sur les technologies des pays industrialisés. Pour ne pas être dépassé par l’armement et les techniques de guerre modernes, le gouvernement fait appel à des conseillers étrangers : Anglais (pour la marine), Allemands et Français pour l’infanterie, Américains pour la cavalerie et l’artillerie.

C’est la création des Shin-Bujutsu (nouvelles techniques guerrières), comme l’art de la baïonnette.

Les Shin-Bujutsu répondent à trois critères :

• Ils sont conçus pour la guerre moderne

• Ils se pratiquent avec des armes (à feu et à longue portée)

• L’équipement devient primordial (bateau cuirassé, sac du soldat, etc).

jukendo

Cette nouvelle donne sonne le glas des bushi et de la pratique du sabre sur les champs de bataille. D’ailleurs, le port des deux sabres est interdit par un édit. Les guerriers sont désormais de simples citoyens que l’on forme au tir avec une arme à feu et à quelques techniques de combat rapproché. Les armures ne servent à rien face à la puissance des balles ou des obus. Il faut pouvoir se déplacer rapidement et construire des abris solides.

IV. LES SHIN-BUDO

En 1865 le Japon est encore quasiment féodal, alors qu’en 1900 c’est une société moderne qui sera capable de rivaliser avec la Russie dans une guerre ouverte (en 1905) et de la remporter. Ce progrès technologique sur une période si courte est un accomplissement unique dans l’histoire du monde.

Désormais les bushi, n’ont plus leur place dans cette société et regrettent les temps anciens. A partir des arts martiaux anciens, ils cherchent des applications possibles pour leurs contemporains. Le but est de perpétuer l’héritage qui leur a été transmis tout en conservant également les idéaux, la philosophie zen et les autres arts non guerriers afin d’aider l’homme moderne à trouver sa place dans la nouvelle société. C’est ainsi que naissent les Shin-Budo que nous connaissons, comme le Kendo, l’iaido, le Judo, l’Aikido, le Kyudo et bien d’autres. Les Japonais les appellent aussi Gendai-Budo (« Budo Modernes »).

Encore aujourd’hui les arts martiaux sont en constante évolution. On voit régulièrement apparaître de nouvelles disciplines et de nouvelles règles de jeu basées sur la conception de shiai plutôt que de shinken-shobu.
Dorénavant, de plus en plus de pratiquants visent surtout la réussite sportive dans le cadre de la société moderne au détriment de l’esprit originel des Budo.

 

 

VAGABOND de TAKEHIKO INOUE

De très loin supérieur aux productions habituelles de manga, Vagabond est une adaptation de l’oeuvre de Yoshikawa Eiji (La pierre et le sabre, La parfaite lumière). Ce chef d’oeuvre du 9ème art nippon nous narre l’initiation de Miyamoto Musashi à la voie du sabre en insistant particulièrement sur la psychologie des différents protagonistes et sur le réalisme des duels. vagabond-min2 Ce récit met en scène le jeune samurai Shimen Takezo, violent, torturé et dépourvu de considération pour la vie humaine, qui grâce à la voie du sabre va découvrir la paix intérieure et la beauté du monde pour devenir le légendaire Miyamoto Musashi. Ce voyage initiatique du côté sombre de l’humanité vers la lumière est illustré d’une main de maître par Takehiko Inoue. Ce dernier s’attarde tout particulièrement sur la psychologie et les motivations des différents maîtres d’armes, les rendant ainsi particulièrement humains et attachants. L’esprit du sabre omniprésent dans ce récit en fait un incontournable pour les mordus de BD et de samourai.

Takehiko Inoue

Salon du Livre de Paris 2013

Légende vivante au Japon, Takehiko Inoue débuta sa carrière de mangaka en 1988, quand il participa à un concours organisé par la Shueisha et où il gagna le Prix Tezuka, qui récompense le jeune mangaka le plus prometteur. Après cette publication, Inoue décide d’emménager à Tokyo, où il travaillera pendant 10 mois en tant qu’assistant du mangaka Tsukasa Hojo, qui travaillait à ce moment-là sur City Hunter (Nicky Larson) . En 1989, il crée son premier succès, Slam Dunk, vendu à plus de 110 millions de tomes rien qu’au Japon en 14 ans – soit 3,5 millions exemplaires par tome, ce qui confère à Slam Dunk le meilleur ratio vente/tome de tous les temps. Le manga est même adapté à la télévision dans une série de 101 épisodes et des centaines de goodies sont produits. Cela a permis à la carrière d’Inoue d’exploser et d’être l’un des mangaka les plus célèbres et parmi les mieux payés du Japon. Il fut aussi l’un des premiers auteurs capables d’acquérir ses propres droits, les retirant ainsi à la Shueisha. C’est aujourd’hui son propre label I.T. Planning qui s’occupe de gérer l’exploitation commerciale de ses œuvres. Après avoir fini Slam Dunk, il débuta simultanément, Vagabond et Real. Ce dernier est un autre manga sur le basket dans un contexte différent mettant en scène des personnes handicapées jouant au basket en chaise roulante. Inoue veut prouver qu’on peut assouvir sa passion malgré ses problèmes physiques.

 

 

 

 

ZNKR Seitei iai

Dans un souci d’unification et afin de permettre aux pratiquants d’iaido d’avoir une base commune et de pouvoir être évalués en toute objectivité, les experts de la Fédération Japonaise de Kendo et disciplines associées, la ZNKR (Zen-Nihon-Kendo-Renmei), a développé à partir de l’année 1969 une nouvelle école, le Seitei-Iai. Lire la suite